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Dimanche le 18 juillet
2004 , p. C3
Messe noire!
Mononc’ Serge et
Anonymus amènent les festivaliers aux portes de l’enfer!
Mononc’ Serge n’est
pas reconnu pour faire dans la dentelle. Voilà pourquoi son
association avec le quatuor métal Anonymus fait un tel boucan.
Hier, au Pigeonnier, le coloré personnage a revêtu
sa soutane de « supérieur de la congrégation
des Per… vers », alors que ses quatre diplômés
de L’Académie du Massacre portaient le costume d’écolier
popularisé par Angus Young. Ensemble, ils ont répandu
le vitriol à une telle vitesse qu’on n’a jamais
eu le temps de sortir le bénitier!
À moins que cette
eau bénite ait été cette pluie qui a eu le
bon goût de passer avant que la grande manifestation ne se
mette en branle? Toujours est-il que rien ne serait parvenu à
éteindre un Mononc’ Serge tout feu tout flamme, qui
haranguait la foule comme jamais hier.
Mais ne nous emballons
pas. Si elle semble naturelle, l’alliance infernale entre
Anonymus et Serge Robert ne saurait durer. Il s’agit d’abord
et avant tout d’un mariage temporaire d’intérêt,
avait prévenu le musicien polémiste. L’ex-Coloc
aime frapper avec ses textes, alors que Carlos Araya (batterie),
Daniel Souto (guitare), Oscar Souto (basse) et Marco Calliari (guitare)
le font avec leur musique.
« Inquiétez-vous
pas! a d’ailleurs annoncé le père Serge, on
ne va pas vous faire du chant grégorien… On va vous
faire du chant/champ de patates! » a-t-il crié avant
de partir le bal avec deux de ses plus grands succès, Les
patates et Sébastien Benoît, le « volume dans
le piton ».
Et tant qu’à
passer la hache dans tout ce qui est beau et bien pensant, le pape
de la diffamation a ensuite réglé les cas des Gala
de l’ADISQ et de Môman Dion, comme on dénonce
les péchés capitaux en chaire. Il n’a pas non
plus manqué d’écorcher le grand célébré
de la soirée, Stéphane Venne, invitant ses nombreux
fidèles réunis à le huer assez fort pour qu’il
puisse les entendre des Plaines…
Dans le temple, les brebis
assoiffées ont réagi avec ferveur au sermon passionné
de l’abbé Serge, dont elles buvaient chacune des paroles.
Ces dernières se sont éteintes tard dans la soirée,
mais continuent de résonner dans les cœurs… et
les tympans!
(...)
Kathleen Lavoie
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