 
Arts & spectacles, mercredi 31 décembre 2003, p.6
Métal piquant
Mononc' Serge et Anonymus brassent le Club Soda
Le père
Noël est complètement dans les vapes. Ce n'est
pas avant Noël qu'il faut être sage, mais précisément
à Noël, lors de ces réunions de famille...
avec des gens qu'on connaît parfois fort peu.
Une période
difficile pour une partie des fans de Mononc' Serge et Anonymus
qui se sont pointés au Club Soda, lundi soir, en quête
d'outrance, de décadence et de démesure. Et
ils en ont eu pour leur argent.
Mononc' Serge avait
revêtu un habit de circonstance pour ce réveillon
satanique: un habit de curé.
Fraîchement
diplômés de l'Académie du massacre- institut
d'enseignement extrême dirigé par monsieur Serge
en personne-, les membres d'Anonymus arboraient des uniformes
de collégiens: chemise blanche, débardeur gris
et cravate rayée. De toute beauté. Eux aussi
avaient besoin de se défouler.
La communion a
eu lieu, mais elle n'avait rien de bien catholique...
Devant un parterre
déchaîné, Mononc' Serge a furieusement
livré l'essentiel de son dernier disque, L'Académie
du massacre, qui regroupe des versions métal de certaines
de ses chansons marquantes: Ogunquit, Sébastien Benoît,
Le bad trip du siècle, Mourir pour le Canada, La chute
du dollar et Le gala de l'Adisq. Champion de la diffamation,
il a fait semblant de ne pas vouloir chanter sa terrible chanson
Maman Dion, question de respecter le deuil de la famille royale
des variétés québécoises- mais
a succombé à la tentation... au plus féroce
plaisir de ses fans.
Encore une fois,
Mononc' Serge haranguait son public avec une ironie juteuse,
se démenait comme un diable dans l'eau bénite,
jouait avec un malin plaisir le rôle du crieur métal.
Dans la salle, on ne pouvait que fixer la scène avec
un sourire épais étampé dans la face.
Après avoir eu un fun noir à écouter
les versions métal sur disque, on a pu constater que,
sur scène, les riffs en béton et l'énergie
de Marco Calliari, Oscar Souto, Daniel Souto et Carlos Arraya
conviennent parfaitement à la démesure de Mononc'
Serge. Rien à redire, ce mariage de déraison
fonctionne à merveille. L'aventure se poursuivra en
tournée cet hiver et au printemps. Et si vous êtes
chanceux, peut-être que le conteur Michel Faubert viendra
vous raconter une histoire de yâble, comme il l'a fait
hier, accompagné par les gars d'Anonymus.
Alexandre Vigneault
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