|
 
Arts et spectacles, mardi 30 juillet 2002, p. C2
Les FrancoFolies
Du gros bruit et un fun
noir!
Vigneault, Alexandre
Puisqu'on a congé
de concerts en salle jusqu'à demain soir, c'est le moment
où jamais de tester le degré de folie qui se propage
sur les scènes extérieures des Francos. Sous une humidité
encore et toujours écrasante, on a donc effectué un
rallye en trois étapes dans l'underground du rock québécois:
Galaxie 500, Groovy Aardvark et Mononc' Serge, furieux dynamiteur
de personnages publics et d'artistes plus populaires que lui.
Précisons d'emblée
que ce n'était pas un petit lundi soir cheap, hier. Des milliers
de personnes se sont déplacées pour se faire brasser
la cage par les bruyants artistes nommés plus haut. Angle
Sainte-Catherine et Jeanne-Mance, il y avait foule vers 21h pour
Groovy. Tout ce beau monde, ou presque, s'est ensuite déplacé
en bloc pour assister au festival de la dérision comploté
par Mononc' Serge, une heure plus tard.
"J'ai été
très déçu, la première fois que j'ai
participé aux FrancoFolies, a commencé le tonique
personnage. Je pensais que c'était un festival en l'honneur
de Franco, le dictateur espagnol..." Le ton était donné.
Durant la première demi-heure de son spectacle (la seule
que nous ayons eu la chance de voir, damnée soit l'heure
de tombée!), il a exclusivement sorti les chansons cartes
postales de son album Mon voyage au Canada: Canada Is Not My Country,
Sudbury, La Police et Fourrer.
Roi de la diffamation,
Mononc' n'a pu s'empêcher d'y aller de quelques tirades goûteuses,
entre ses chansons trash rendues avec ce qu'il faut de grinçant
par Olivier Langevin (vu quelques heures plus tôt au même
endroit avec son groupe Galaxie 500), François Lalonde et
lui-même. Sa visite au Sommet des Amériques lui a notamment
permis de constater "que plus les gens sont
malpropres, plus ils ont tendance à être contre la
mondialisation". Il n'en fallait pas plus pour qu'il suggère
aux maîtres du monde d'offrir savon et débarbouillettes
aux manifestants s'ils voulaient voir diminuer l'opposition à
la mondialisation...
Peu après avoir
joué le grand capitaliste ("si vous avez 20 piastres
de trop, mon disque est en vente chez tous les bons disquaires"),
il s'est élevé avec force et conviction contre la
"dionisation" de notre société. Prélude
désopilant à son hymne Maman Dion, dont la pierre
angulaire est le célèbre refrain "Fuck you maman
Dion!" Un gros party de taverne en plein air, avec tout ce
qu'il faut de connerie. Engagez-vous, qu'ils disaient. Dans l'armée
de Mononc' Serge, n'importe quand!
(...)
|