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Vol.4 no 5, 19 octobre
2000
Le fou du roi
Caricaturiste du consensus
mou qui aplatit notre environnement visuel et sonore, Mononc' Serge
est en voie de devenir le fou du roi officiel de notre monarchie
artistique.
Le gala de l'Adisq, Guy Cloutier, Luc Plamondon, Mario Dumont, les
flics, les Lavallois et quoi encore? Bref, ils sont nombreux à goûter
à la médecine cynico-caustique de Mononc' Serge sur 13 Tounes Trash,
ce record grivois mais dont le vitriol est assez tordant merci.
À un point tel qu'une
question se manifeste d'emblée: l'addition est-elle salée pour une
telle désinvolture langagière? "Je te dirais que je ne ressens pas
vraiment le prix à payer. Je compare ce que je fais en termes de
promotion et je m'aperçois que peu importe si je m'attaque à l'Adisq
ou à Plamondon, j'ai le même genre de diffusion qu'un Fred Fortin,
même s'il a plus de notoriété que moi", explique Serge Robert, qui
a développé son créneau à l'invitation de l'animateur de radio André
Major alors que ce dernier lui offrait une chronique à CIBL. Tant
qu'à avoir une tribune, aussi bien qu'elle soit musicale, s'est
alors dit le mononc', qui a développé des chansons aux influences
trash, voire punk, hip-hop ou métal à la Black Sabbath.
Countripant
"Le genre de musique
que j'écoute n'est pas nécessairement celui que je joue. Par exemple,
j'aime l'opéra et le western à la Paul Brunel. J'ai commencé à écouter
cela alors que j'étais avec les Quarts de rouge (Patrick Napoli
et Yves Desrosiers). Au début c'était pour m'amuser, puis je me
suis laissé prendre au jeu. J'aime beaucoup aussi Willie Lamothe",
poursuit celui qui sera de l'événement western présenté par le Coup
de coeur francophone en novembre.
On est alors en droit
de se demander comment il peut s'enthousiasmer au sujet de l'univers
clinquant et souvent naïf du western et s'en prendre, à la fois,
à l'Adisq et à Plamondon qu'il qualifie de caniche. "C'est du glamour
dont je me moque. Pour moi, l'Adisq est un show qui relève de l'esprit
hollywoodien. Même quand j'étais dans les Colocs et que nous gagnions
des Félix, je n'aimais vraiment pas cet aspect-là du métier. J'ai
écrit cette chanson sur le gala de l'Adisq en 98. Mon album était
en nomination et je n'y suis même pas allé. En fait, ce qui me dérange,
surtout, c'est ce qui nous est imposé partout à la télé, à la radio,
dans les journaux. Quant à Plamondon, c'est un peu en réaction à
sa sortie contre un journaliste du Devoir qui avait écrit: "Au
fond, le seul talent de Luc Plamondon c'est de s'entourer de gens
qui, eux, en ont!" Imagine, il voulait poursuivre le journal.
Je pense que n'importe quel critique a le droit de dire que quelqu'un
fait des mauvais textes. Plein de gens pensent la même chose des
miens. Chaque auditeur est un critique au fond de lui-même. On aime
ou pas et on "tente de comprendre pourquoi", analyse Serge Robert
qui s'attendait vraiment à se faire "ramasser" en sortant cet album.
Puis, contre toute attente, il s'est retrouvé sur le palmarès de
la nouvelle chaîne COOL FM et n'a jamais été aussi en demande.
Comme quoi les provocateurs peuvent tirer leur épingle du jeu au
moins autant que les cireurs de chaussures et autres flagorneurs
en ces temps incertains.
Claude André
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