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Vendredi le 24 mars 2006, p. C5
Serge blanc d'Amérique
Mononc' Serge
Mononc' Serge - DEP
On vous rassure
d'emblée: même après sept albums, Mononc'
Serge a toujours du culot et aime encore la provocation, le
mauvais goût et l'irrévérence. Dès
le deuxième morceau de Serge blanc d'Amérique,
l'ex-Colocs traite même ses auditeurs de «morons»:
«Je n'chante pas pour le recteur de l'Université
de Montréal / Je n'chante pas pour le chercheur en
maths fondamentales / Je ponds des hits pour les twits / [...]
Je chante pour les morons.» Première gifle. Puis,
il baptise son enfant «Hitler Robert», ridiculisant
au passage les prénoms un peu trop fleur bleue (Humus,
Soleil, Marie-Québec). Sur Fred, pièce sur le
téléchargement de MP3, Mononc' lance une flèche
à Stefie Shock et à l'ensemble de la gourmande
industrie musicale. Du toupet, il en faut aussi pour se pencher
à deux reprises sur la dictature de la minceur (Bacaisse,
Frustré) et pour ridiculiser Josélito Michaud.
Serge est même effronté au point d'avoir une
chanson sérieuse, Rien, une première sur son
curriculum vitae. Malheureusement, Serge blanc d'Amérique
est un peu éparpillé d'un point de vue musical,
voguant entre des chansons plus acoustiques et des arrangements
plus métal, restes de sa fructueuse aventure avec Anonymous.
Si le tangage ne vous effraie pas, hissez les voiles.
Philippe Papineau
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